Projet – Le monde extraordinaire des objets -Artiste intervenant Rebecca Guillet – 6e CHAAP
Janvier à mai
Dans le cadre de notre partenariat avec l’ENSBA Lyon, les élèves de 6e CHAAP ont mené un projet
artistique avec l’artiste Rebecca Guillet, autour des notions de transformation, de détournement et
de métamorphose des objets du quotidien.
Le projet s’est construit à partir d’une idée simple : comment faire basculer un objet ordinaire vers
un univers extraordinaire ?
Les élèves ont d’abord exploré cette question par le dessin, en transformant des objets familiers en formes hybrides, colorées et imaginaires. Ce premier travail a permis d’ouvrir un champ d’invention où l’objet devient support de projection et de narration.
Cette démarche s’est prolongée par le collage. À partir d’images et d’éléments variés, les élèves ont
créé des associations inattendues, jouant sur les changements d’échelle, les rapprochements
improbables et les contrastes visuels. Le collage a ainsi permis de faire émerger des images
nouvelles, nées de la rencontre entre fragments hétérogènes, donnant naissance à des univers
poétiques et surprenants.
Le travail s’est ensuite orienté vers la photographie d’ombres portées. En manipulant des objets de
l’atelier et en jouant avec la lumière, les élèves ont produit des formes agrandies et
méconnaissables, proches du théâtre d’ombres. L’objet disparaît alors au profit de sa projection :
l’ombre devient une image autonome, mystérieuse, qui révèle autant qu’elle dissimule.
À partir de ces photographies, les élèves ont expérimenté des techniques graphiques à l’encre,
réinterprétant les formes observées. Le travail humide a introduit une part d’aléatoire : coulures,
débordements, accidents et imprécisions ont généré des écarts avec le modèle initial. Ces
transformations ont enrichi les images, montrant que le geste et le hasard peuvent produire de
nouvelles formes et renouveler la perception.
Dans un second temps, les élèves ont découvert la technique de la gravure sur Tetra Pak. À partir de
petits formats, ils ont gravé des « mondes imaginaires », comme contenus dans un emballage du
quotidien. Par le geste de pression et d’incision, ils ont exploré une technique traditionnelle de
reproduction de l’image, comprenant ses contraintes et ses spécificités. Sur ces images, des bulles
narratives ont été ajoutées , les objets représentés semblent alors prendre la parole, devenant les
médiateurs d’histoires, de processus et d’imaginaires.
L’ensemble de ces recherches a donné lieu à la réalisation d’une édition collective. Chaque élève a
contribué à la création d’un recueil regroupant dessins, collages, images imprimées et fragments
narratifs. Cette édition, tirée à une vingtaine d’exemplaires, a été imprimée au sein des ateliers de
l’ENSBA Lyon, puis reliée par les élèves, leur permettant de découvrir une étape supplémentaire du
processus éditorial.
À travers ce projet, les élèves ont compris que l’objet du quotidien peut devenir un véritable terrain
d’expérimentation plastique. Par le dessin, le collage, la photographie et la gravure, ils ont exploré
différentes manières de transformer le réel, de jouer avec les apparences et de faire émerger des
images inattendues. Le travail sur l’ombre, le geste et la matière a mis en évidence que la création
artistique se nourrit autant de l’intention que de l’accident.
L’aboutissement de ce projet sera présenté lors de l’exposition du 4 juin 2026, sous la forme de
cette édition collective. Elle donnera à voir un ensemble de mondes imaginaires, où les objets,
détournés et transformés, deviennent les acteurs d’un récit commun.
Nous remercions chaleureusement Rebecca Guillet pour la richesse de sa proposition artistique,
ainsi que pour son accompagnement, qui a permis aux élèves de développer à la fois leur imagination, leur sens de l’expérimentation et leur compréhension des processus de création.



























